L’exploration du Nouveau Monde

La pêche à la morue sur les côtes de l’Amérique du Nord par les Français et les Basques au début du XVIe siècle, puis le commerce du castor avec les Autochtones sont les préludes au premier hivernement de Jacques Cartier chez les Iroquoiens du Saint-Laurent à Stadaconé (Québec) en 1535. S’ensuit une première expérience de colonisation française en 1541-1543 qui se solde par un échec.

Le fleuve Saint-Laurent continue d’être fréquenté les commerçants de pelleteries. En 1603, Samuel de Champlain scelle une alliance militaire avec les Autochtones à Tadoussac. Ceux-ci auraient également consenti à ce que les Français peuplent le territoire.

La fondation de Québec

La géomorphologie de Québec en fait la clé de voûte de la vallée laurentienne. Le 3 juillet 1608, Champlain et 28 hommes y élèvent une première Abitation. Ce poste de traite compte une soixantaine d’habitants au moment où en 1627, la Compagnie des Cent-Associés obtient le monopole des fourrures pour financer sa politique de colonisation.

Québec est anglaise de 1629 à 1632. Elle est ensuite rétrocédée à la France. Selon les ordres du Cardinal Richelieu, seuls les catholiques romains ont le droit de s’établir en Nouvelle-France. En 1663, on estime la population de Québec à près de 600 habitants et celle de la colonie à moins de 3000, majoritairement des hommes.

Le paysage urbain de Québec est modeste. Sa vocation administrative et militaire se manifeste par la présence d’un gouverneur en titre depuis 1636 et par l’édification du château Saint-Louis en 1647. Le clergé demeure cependant le corps social le mieux constitué. En témoignent la fondation du collège des Jésuites en 1635 ainsi que l’établissement de l’École des Ursulines et de l’Hôtel-Dieu des Hospitalières en 1639. Or, la guerre avec les Iroquois de 1641 à 1667 freine les développements démographiques et économiques de la colonie.

La capitale d’une province royale

Le Conseil du roi Louis XIV instaure un nouveau programme colonial en 1663. La Nouvelle-France devient une province royale. À Québec, un Conseil souverain est créé pour administrer les affaires publiques.

Pour combattre les Iroquois, 1 300 soldats du régiment de Carignan-Salière arrivent à Québec en 1665. Le tiers d’entre eux s’établissent ensuite dans la colonie. Ce sont des Français en majorité, mais s’y trouvent aussi quelques Irlandais, Italiens, Suisses et Wallons. L’arrivée d’environ 725 Filles du Roy de 1663 à 1673 atténue le déséquilibre entre les sexes. Cet effort soutenu de peuplement, couplé à l’accroissement naturel, a pour effet d’augmenter la population au fil des générations. Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, Québec a maintenant l’aspect d’une petite ville coloniale.

Les populations autochtones, pour leur part, sont victimes de la guerre et des épidémies. Vers 1700, leur nombre est estimé à 9000 individus au Canada et en Acadie. C’est néanmoins le jeu des alliances militaires avec ces nations alliées qui permet aux Français d’assurer leur prétention sur le territoire de la Nouvelle-France.

Un pouvoir bicéphale

L’arrivée d’un intendant dans la capitale en 1665 transforme les rouages de la gestion de la Nouvelle-France. Responsable de l’administration civile, l’intendant veille au bon fonctionnement de l’appareil de justice, rédige les règlements de police pour maintenir l’ordre public et contrôle les recettes et les dépenses du gouvernement colonial.

Comme chef militaire, le gouverneur conserve son rôle diplomatique avec les Autochtones et exerce le commandement des troupes régulières et des milices. Quant au Conseil souverain, à titre de cour d’appel, il exerce surtout des fonctions judiciaires.

La Conquête

Les frontières de la Nouvelle-France sont disputées, au Nord, par la Compagnie de la Baie d’Hudson et, au Sud, par les colonies britanniques. Québec est assiégée une première fois en 1690 par 34 navires venus de la Nouvelle-Angleterre. Le gouverneur Frontenac défait les hommes du major général Phips. Plus tard, à la suite du naufrage de la flotte de l’amiral Walker en 1711, les Britanniques doivent abandonner ce projet d’invasion.

La paix de trente ans, de 1713 à 1744, permet à la colonie de se développer. Au milieu du XVIIe siècle, la ville de Québec compte près de 8000 habitants, alors qu’on estime la population de la Nouvelle-France à près de 70 000 individus. S’y trouvent aussi des « Amérindiens domiciliés » et des centaines d’esclaves d’origine autochtone et africaine.

Lors de la guerre de Sept Ans, les Britanniques remontent le fleuve et bombardent la capitale. Cinq jours après la défaite française sur les plaines d’Abraham, la ville de Québec capitule le 18 septembre 1759. La chute de Montréal le 8 septembre 1760 scelle le sort de la colonie. La Nouvelle-France devient une colonie britannique à la suite du Traité de Paris le 10 février 1763.

 

Publié en mai 2021