Fils de Gaston Maspero, égyptologue et professeur au Collège de France depuis 1874, et de Louise née Balluet d’Estournelles de Constant de Rebecque, Henri Maspero suivit attentivement dans sa jeunesse les traces de son père, allant même jusqu’à l’accompagner le long des rives du Nil. Il étudia aux Lycée Montaigne et Louis le Grand à Paris puis fut licencié en lettres et droit en 1902. En 1905, il reçut le diplôme d’études supérieures en histoire et en géographie pour un travail d’érudition intitulé Les finances de l’Égypte sous les Lagides.

Henri Maspero se détourna de la voie toute tracée par son père pour se plonger dans les études chinoises et vietnamiennes. Son maître de chinois était l’illustre sinologue Édouard Chavannes, et obtint son diplôme de l’École des langues orientales en 1907. La même année, il accepta le poste de pensionnaire à l’École Française d’Extrême-Orient (EFEO) de Hanoï. Il partit donc en Indochine avec son frère Georges Maspero, qui lui, était administrateur des services civils et membre correspondant de l’EFEO depuis 1903.

Ses travaux de terrain dès lors se portèrent principalement sur le Vietnam, l’histoire et la langue d’Annam, mais également sur la langue thaï et la langue chinoise. En 1910, il publia dans le bulletin de l’EFEO un article intitulé « Le protectorat général d’Annam sous les T’ang », puis en 1912 « Études sur la phonétique historique de la langue annamite : les initiales ». Au fil de ses recherches, il prit possession d’une quantité importante d’ouvrages anciens qui seront à sa mort légués à la bibliothèque de la Société asiatique. À Hanoï, il fut nommé le 10 décembre 1911 professeur de chinois, en remplacement de Paul Pelliot.

Après le décès d’Édouard Chavannes, Henri Maspero fut appelé le 24 décembre 1919 à le remplacer. Il devint ainsi titulaire de la chaire de langue et littérature chinoise et tartaro-mandchoues au Collège de France de 1920 à 1945. Son enseignement fut digne des grands sinologues qui avaient partagé sa vie tout au long de sa carrière. Il eut un impact considérable dans le monde sinologique. Son intérêt pour l’histoire de la Chine le porta certainement vers la Route de la soie et cette culture associée à ses travaux de recherches sur les typologies du système phonétique chinois le fit publier en 1920, toujours au bulletin de l’EFEO, un article intitulé « Le dialecte de Tch’ang-ngan sous les T’ang ». « Tch’ang-ngan » correspond à l’actuelle ville de Xi’an, capitale de la province du Shaanxi, et qui était la capitale des Tang à une époque de la Route de la soie.

En 1927, il publia La Chine antique. De toutes ses interventions scientifiques et publications d’articles, cet ouvrage marque à tout jamais le lectorat du monde sinologique. Il s’agit de son œuvre dans laquelle il rendit compte des conditions géographiques, sociales et humaines de la période de la haute antiquité chinoise.  

Lors de la séance publique du 1er février 1935, il devint membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Puis en 1942, il fut élu vice-président pour 1943 et devint Président de l’Académie en 1944. La même année, son épouse et lui sont arrêtés par la police allemande, séparés puis déportés en Allemagne. Henri Maspero envoya, du camp de Buchenwald où il demeurait en captivité, une lettre (datée du 26 janvier 1945) à sa mère lui indiquant qu’il allait bien et qu’il tentait de maintenir le moral de ses compagnons grâce à ses qualités d’orateur et de conférencier. Épuisé par les conditions de vie du camp, il mourut le 17 mars 1945, un mois avant la libération du camp.

 

Légende de l'illustration : Henri Maspero