Traiteurs et explorateurs canadiens, Pierre Gaultier de La Varennes et de La Vérendrye (1685-1749) et ses trois fils Jean-Baptiste, Pierre et François, recherchent de 1731 à 1744 la « mer de l’Ouest » par-delà les Grands Lacs.

Ils s'appuient sur des informations concordantes reçues d’Indiens cris. En décembre 1730, La Vérendrye présente à Beauharnois, gouverneur du Canada, un projet de découverte de la mer de l’Ouest enrichi des cartes de l’Indien Ochagah. Le signalement par les Indiens d'une "eau mauvaise à boire" avec "le flux et le reflux" lui permet d'émettre l'hypothèse d'un grand "fleuve de l'ouest" se déchargeant dans la "mer du Sud" (Océan Pacifique).

En 1731, après accord du ministre de la Marine Maurepas, il obtient en concession le monopole du commerce des fourrures dans le pays des Sioux pour financer ses expéditions. De lac en lac, de portage en portage, La Vérendrye, ses fils et leurs compagnons explorent depuis le fort Kaministiquia (nord du Lac Supérieur) la région des lacs Winnipeg et Manitoba jusqu’à la rivière Blanche (Saskatchevan), créant sur leur parcours toute une série de postes de traite (Fort-Maurepas en 1734, Fort-la Reine en 1738, etc.).

En 1742-1743, depuis Fort-la-Reine, ses fils infléchissent leur route vers le sud-ouest, dans la région du haut Missouri, et parviennent en janvier 1743 au pied de majestueuses montagnes qu’il est aujourd’hui encore difficile d’identifier avec certitude : Black-Hills du Sud-Dakota, Big-Horn ou bien la Wind-River Range dans le Wyoming ? L’absence de financement public et le manque d’instruments de mesure expliquent la lenteur et les maigres résultats scientifiques de ces expéditions. Elles montrèrent néanmoins que là où les récits des autochtones et les spéculations des géographes localisaient une mer se dressaient en réalité d’imposantes montagnes.

 

Publié en mai 2021