A la recherche d’une femme pour le roi….

La santé du jeune Louis XV est tellement délicate qu’on craint fort que sa vie soit courte. L’entourage du roi décide alors de le marier le plus vite possible avec une princesse susceptible de lui donner un héritier. Une liste d’une centaine de princesses candidates est dressée. Leur physique, âge, santé, famille, religion, esprit et  caractère font l’objet d’un examen attentif. Des princesses sont écartées, du fait de leur âge qu’il soit trop avancé ou trop tendre. Le choix se porte sur Marie Leszczyńska, âgée de 22 ans, fille d’un roi polonais en exil, princesse sans dot ni royaume, jouissant néanmoins d’une excellente santé et d’une très bonne réputation car à la fois cultivée, polyglotte, pieuse et généreuse.

Le mariage du roi de France avec une Polonaise

Le projet du mariage du roi de France avec une princesse désargentée et inconnue fait beaucoup de bruit et donne matière à quantité de commentaires voire de pamphlets. En l’absence du roi, représenté par le duc d’Orléans, le mariage est célébré par procuration le 15 août 1725 dans la cathédrale de Strasbourg. La reine traverse ensuite la France et rencontre son époux pour la première fois le 4 septembre 1725. Le mariage est célébré dès le lendemain à Fontainebleau.

Marie Leszczynska – la mère de dix enfants

Après avoir accouché de jumelles: Élisabeth et Henriette (en 1727), la reine donne naissance à une troisième fille Louise (en 1728), ce qui déçoit profondément le roi. Néanmoins en 1729 les vœux de toute la France sont exaucés avec la naissance du dauphin Louis-Ferdinand. Par la suite, la reine donnera six enfants au roi : Philippe, duc d’Anjou (1730), Adélaïde (1732), Victoire (1733), Sophie (1734), Thérèse (1736) et Louise (1737) qui deviendra carmélite. Sur le conseil du cardinal de Fleury, les « filles de France » sauf les jumelles et Adélaïde, passent leur enfance à l’abbaye royale de Fontevraud et ne reviennent à Versailles qu’à l’adolescence. Sept des dix enfants royaux atteindront l’âge adulte.

Entre devoirs de reine et vie privée

A la fin des années 1730, Louis XV commence à s’éloigner de son épouse au profit de nombreuses maîtresses. La reine affronte cette épreuve et continue à mener une vie exemplaire loin des intrigues de la cour assumant ses obligations de représentation tout en obtenant sur le plan de la vie privée une indépendance jusque-là inédite pour une reine de France. Entourée par un groupe de courtisans dévoués composé d’hommes de lettres et d’ecclésiastiques, elle mène une vie plus paisible, moins tournée vers l’apparat et peut se consacrer à ses loisirs préférés : la musique, le jeu (le cavagnole), les lectures et la conversation - art le plus important pour la société du XVIII siècle.

Comment remplir sa vie? L’art, la lecture, la prière et la charité

Passionnée d’art, elle joue le rôle d’un véritable mécène à la cour et apprend également à peindre avec une prédilection pour les thèmes religieux et paysagers. Elle s’emploie aussi aux travaux d’aiguille, à la correspondance, à la lecture de livres de piété, d’histoire, de littérature et de poésie. Elle assiste aux concerts, aux représentations de comédies et de tragédies françaises et italiennes et contribue à faire venir à Versailles le jeune Mozart et le fameux castrat Farinelli. Au cours de ses sorties hors de Versailles elle rend souvent des visites à Saint-Cyr et au Carmel de Compiègne. Tout au long de sa vie la reine fait preuve d’une grande générosité par ses aumônes et par la protection des foyers de charité.

La mort de la reine

Surnommée « La Bonne Reine », Marie Leszczynska, s’éteint en 1768 à Versailles. Inhumée à la Basilique de Saint-Denis, elle sera la dernière reine de France pleurée par son peuple.
Le coeur de la reine est déposé à l’église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy auprès de ses parents Stanislas Leszczynski et Catherine Opalińska. Le monument qui lui est consacré a été exécuté par Louis Claude Vassé sur commande de Louis XV, son époux.

 

Légende de l'image : Portrait de Marie Leczinska, en pied, par N. de Larmessin