Le bouddhisme a disparu de l’Inde depuis le XIIe siècle environ, mais, présent dans le nord du sous-continent (Gandhara, correspondant aux Pakistan et Afghanistan actuels) depuis les premiers siècles de notre ère, il a essaimé dans toute l’Asie sous des formes diverses, et représente la quatrième religion du monde par le nombre de ses adeptes. Il est religion officielle dans quelques pays d’Asie (Sri Lanka, Thaïlande, Birmanie). Dans l’Inde d’aujourd’hui, il est représenté par les néo-bouddhistes, surtout des intouchables convertis sous l’impulsion du leader Ambedkar dans les années 1956.

Né dans une famille princière, le jeune Gotama est confronté à la vue de la maladie, de la vieillesse et de la mort qui le conduisent à renoncer à la vie mondaine et à partir en quête de la vérité, qu’il découvre lui-même : c’est l’Eveil (bodhi). Lors du premier sermon du Parc aux Gazelles, près de Bénarès, il énonce les quatre nobles vérités qui constituent le fondement de son enseignement : constat de l’existence de la souffrance, de l’origine de la souffrance, causée par le désir, de la cessation de la souffrance et de l’octuple voie qui permet de la surmonter. Cette dernière se décompose en : vue juste, pensée juste, parole juste, action juste, mode de vie juste, effort juste, attention juste, concentration juste. L’observation de l’éthique bouddhique, les pratiques ascétiques ou méditatives ont pour objet ultime la délivrance du cycle des renaissances et la destruction du karma, c’est-à-dire le nirvāṇa ou extinction définitive. Parmi les concepts fondamentaux la bienveillance (maitrī) et la compassion (karuṇā) ont une place de choix. Comme le jaïnisme, avec lequel il partage de nombreux points communs, le bouddhisme attache une grande importance à l’enseignement de la doctrine, le dharma. D’abord oral, l’enseignement a donné naissance à une tradition manuscrite multilingue et multiforme qui nourrit la prédication destinée à des publics variés. Les textes dits canoniques sont répartis en règles de la vie monastique (Vinaya), enseignements du Bouddha confronté à des interlocuteurs qu’il convertit (sūtra) et analyse de type philosophique des concepts de la doctrine (abhidharma).  La société bouddhique est organisée en une communauté de religieux (saṅgha) et de fidèles laïcs. Bouddha, dharma et saṅgha forment les « trois joyaux » qui définissent l’identité bouddhiste.

Après la mort du Bouddha, des discussions émergent notamment quant à des points de discipline monastique. Elles conduisent à la formation de différentes écoles ou tendances, parmi lesquelles on distingue principalement le Petit Véhicule (Hīnayāna), le Grand Véhicule (Mahāyāna) et le Véhicule de Diamant (Vajrayāna).

Si le Bouddha est respecté pour ses enseignements, il est, depuis toujours, également vénéré avec ardeur par les fidèles aussi bien par des hymnes de louange (stotra) que par de nombreux monuments (temples, stūpa) et statues auxquels ils rendent un culte.

 

Publié en janvier 2022