Biographie

Édouard-Simon Ariel est né à Nantes le 5 octobre 1818. Il embrasse une carrière dans la Marine. Affecté à Pondichéry, il y débarque le 19 Novembre 1844. Il y occupe diverses fonctions dans l’administration coloniale des Établissements français dans l’Inde, notamment celle de secrétaire archiviste du gouverneur. Il meurt précocement, de maladie, à Pondichéry en 1854.

Avant son départ pour Pondichéry, il séjourna à Paris et y fut l’élève de l’indianiste Eugène Burnouf (1801-1852), avec qui il entretint une correspondance savante. C’est ainsi assez naturellement qu’une fois à Pondichéry, à côté de ses occupations officielles, Ariel manifesta un vif intérêt pour l’histoire, l’archéologie, les religions et les langues et littératures de l’Inde, en particulier, celles du pays tamoul. Il accumula les notes de travail et les projets d’études. Il se constitua en particulier une collection unique de manuscrits tamoul. Il eut le temps de publier quelques travaux dans le Journal Asiatique : des études pionnières sur le Tirukkuṟaḷ de Tiruvaḷḷuvar, un texte classique de la littérature tamoule, accompagnées d’extraits traduits en français (Ariel 1847, 1848, 1852).

 

Les collections d’Ariel

Outre des livres imprimés et divers objets, Ariel se constitua durant ses années pondichériennes (1845-1854) une collection unique de manuscrits, principalement en langue tamoule. Par testament, il légua sa bibliothèque à la Société Asiatique de Paris (Rosny 1868, p. 177). Cette dernière fit, en 1866, don des manuscrits et papiers personnels d’Ariel à la future BnF. Le registre des dons de la BnF note succinctement (R 1192) :

« 1° Trois cent vingt-quatre manuscrits tamouls sur oles ; 2° Un manuscrit tibétain contenant différentes parties du Kandjour ; 3° Un manuscrit sanscrit en caractères népalais ; 4° différents papiers, extraits, études, etc. de M. Ariel. »

Ni le registre de la BnF, ni Rosny (1868) ne donnent de descriptions suffisamment précises du fonds pour permettre d’identifier exhaustivement les manuscrits Ariel dans les collections de la BnF. La majeure partie l’est cependant grâce aux catalogues de Vinson (1867) et Cabaton (1912). Voir par exemple BnF Indien 1, manuscrit de l’Attuvaitāṉupavam, « l'expérience de la non-dualité » un texte philosophique, dont il ne semble pas encore exister d’édition imprimée.

Les manuscrits d’Ariel sont en majorité sur feuille de palme, le support traditionnel du livre en Inde. Ils offrent un panorama complet de la littérature et des ouvrages savants en tamoul. Ce fonds (coté « Indien » pour sa majeure partie) est exceptionnel pour plusieurs raisons. En bon connaisseur de la littérature tamoule, Ariel voulut manifestement se constituer une collection représentative et s’efforça d’obtenir une copie de tous les ouvrages importants. Il put aussi acquérir des manuscrits anciens, environ 70 datant du XVIIIe siècle, qui sont aujourd’hui parmi les plus anciens manuscrits tamouls conservés, car ils bénéficièrent à leur arrivée en France de conditions de conservation plus clémentes qu’en Inde.

 

Publié en janvier 2022