De la manière la plus générale, les éditions de presse se répartissent en deux groupes de publications : journaux et gazettes. Pour les besoins de la présente information, cette répartition paraît parfaitement suffisante. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle trois journaux paraissaient, qui, selon la terminologie de cette époque-là, peuvent être qualifiés en tant que « journaux savants ». Quant aux gazettes, on en distingue trois catégories selon la matière dont elles parlaient : gazettes d’informations générales, gazettes politiques et gazettes d’annonces.

Plan de l'article :
1. Journaux savants
« Journal Littéraire de Pologne »
« Journal Polonais »
« Journal Littéraire de Varsovie »
2. Gazettes
  2. 1. Gazettes d’informations générales
:
« Gazette de Varsovie » (de l’époque de la dynastie de Saxe)
« Courrier de Pologne »
« Gazette de Hambourg » (de l’Abbé Montflambert)
« Gazette de Varsovie » (de l’époque de la Grande Diète)
« Gazette Française de Varsovie » et « Gazette de Hambourg » (de 1794)
  2.2. Gazettes politiques :
« Journal Hebdomadaire de la Diète »
« Journal Historique de Varsovie »
« Bulletin National Hebdomadaire »
  2.3. Gazettes d’annonces :
« Annonces et Avis Divers de Varsovie »

 

1. Journaux savants

« Journal Littéraire de Pologne »

(Bibliothèque nationale : volume 1 de 1754)
Le premier journal « savant » polonais d’expression française fut le « Journal Littéraire de Pologne » rédigé et édité par un libraire de Varsovie, Christian Gottlieb Friese. L’éditeur avait l’intention de publier ce périodique deux fois par an. La matière du journal fut bien présentée par son sous-titre descriptif qui précisait : « contenant un récit exact des livres nouvellement publiés dans le pais avec plusieurs remarques utiles et curieuses ». Dans ce journal, Friese allait présenter avant tout des oeuvres publiées en langue polonaise, mais il promettait aussi de ne pas négliger d’autres si elles étaient dignes d’être présentées aux lecteurs Polonais. Le premier volume du « Journal Littéraire de Pologne » parut le 11 septembre 1754. Friese travaillait sur le suivant mais il ne l’imprima jamais.

« Journal Polonais »

(Bibliothèque nationale : 1770 volumes 1-4)
Le premier petit volume du « Journal Polonais » vit le jour au mois de janvier 1770, édité par Michał Gröll et imprimé par les Piaristes. L’éditeur confia la rédaction de la revue à Nicolas Dusert, qui annonçait dans l’avant-propos, non sans fierté, qu’auparavant, il n’y avait pas eu de « projet littéraire » pareil sur le territoire de la Pologne. L’objectif était de faire paraître le nouveau journal une fois par mois, son modèle étant le « Mercure de France » parisien. Le « Journal Polonais » se focalisait sur des oeuvres scientifiques, littéraires, économiques et autres, qui suscitaient « l’intérêt des connaisseurs ». La revue contenait les articles concernant de différents domaines du savoir, des questions morales et de société, de la formation de la jeunesse, ainsi que des nouvelles littéraires et de musique, des logogriphes et des devinettes. À cause du niveau bas du périodique, le nombre d’acheteurs en était insuffisant. Par conséquent, le « Journal Polonais » disparut après la publication de quatre petits volumes, le dernier en date du mois d’avril 1770.

« Journal Littéraire de Varsovie »

(Bibliothèque nationale : 1777 sept. no 1,4 nov. no 1-4 ; dec. no 1-4
1778 jan. no 1,2,4 ; fev. no 1-4 ; mars no 2,5 ; avr. no 1,4)

Dans la « Gazette de Varsovie » (« Gazeta Warszawska ») du 10 mai 1777 on plaça une insertion par Piotr Dufour qui informait que dans son imprimerie « se trouve le >>Journal Littéraire de Varsovie<< ». Le premier numéro de la revue parut lundi, le 5 mai. Selon les premières intentions de l’éditeur, le « Journal Littéraire de Varsovie » devait être un mensuel, mais « sur demande de personnes importantes, des fragments de chaque numéro » paraissaient une fois par semaine, sous forme de deux feuilles. Chaque mois, elles avaient la numérotation distincte, mais elles furent cueillies en volumes trimestriels, et non mensuels. Ceci est confirmé par une annonce publiée le 6 août 1777 dans la « Gazette de Varsovie » (« Gazeta Warszawska »). Nous y lisons, entre autres : « Dans l’imprimerie de Dufour, le >>Journal Littéraire<< local imprime le deuxième volume, lorsque le premier est achevé ». Les matériaux publiés dans le « Journal Littéraire de Varsovie » furent répartis en sections distinctes (« Livres nouveaux », « Sciences », « Arts », « Academies », « Spectacles », « Catalogue de Nouveautés » et « Anecdotes »). Jean-Baptise Deschamps de Saucourt, littérateur et publiciste français séjournant à Varsovie à cette époque-là, garantissait le haut niveau du périodique. 52 numéros furent publiés, le dernier parut le 27 avril 1778.

 

2. Gazettes

2. 1. Gazettes d’informations générales

« Gazette de Varsovie » (de l’époque de la dynastie de Saxe)

(Bibliothèque nationale : 1758 no 1-47, 50-58, 60-81, 82-95
1759 – lacune
1760 no 1-105
1761 no 1-19, 31-40, 50-56, 58-105
1762 no 1-33, 35-57, 60-66, 68-71, 73-104
1763 – lacune
1764 no 1-105)

Le 16 août 1757, les Piaristes reçurent d’Auguste III de Pologne le privilège cum iure exclusivo de publier les gazettes d’information en langues française et allemande, sur l’ensemble de territoires du royaume. Basant sur le privilège acquis, les Piaristes de Varsovie créèrent la « Gazette de Varsovie », son premier numéro datant du 4 janvier 1758, le dernier – comme l’indiquent les exemplaires conservés – du 29 décembre 1764. La gazette paraissait deux fois par semaine. Chaque numéro avait quatre pages imprimées, un supplément d’une ou de deux pages l’accompagnait. La « Gazette de Varsovie » relatait avant tout des informations de l’étranger. C’était notamment des relations du déroulement de la Guerre de Sept Ans. Des nouvelles locales étaient seulement marginales. Dans les suppléments, des documents officiels furent publiés en principe : bulletins de guerre, notes diplomatiques, etc. Le côté typographique de la gazette fut préparé avec un grand soin.

« Courrier de Pologne »

(Bibliothèque nationale – lacune)
A mi-mars 1776, sur les pages de la « Gazette de Varsovie » (« Gazeta Warszawska »), Jan August Poser, libraire de Varsovie, informa « qu’ayant le consentement des Piaristes jouissant du privilège depuis bien longtemps », il allait publier, à partir du 3 avril, une gazette d’expression française sous le titre « Courrier de Pologne ». Un peu plus loin, dans le même insert, il se dit confiant que « les gazettes de cette capitale intéresseront bien les étrangers », car les événements qui ont lieu en Pologne « depuis plusieurs années attirent sur elle l’attention de l’Europe entière ». L’éditeur annonçait que sa gazette publierait également « des informations récentes de la Russie et de la Turquie ». En même temps il assurait que les lecteurs trouveraient dans le « Courrier de Pologne » « uniquement les informations dignes d’être nommées fraîches et récentes », la majeure partie d’entre elles concerneraient « la matière de la politique ». La nouvelle gazette varsovienne d’expression française paraissait deux fois par semaine, imprimée par l’Imprimerie des Piaristes. Jean-Baptiste Albertrandi en était le rédacteur. Uniquement quatre numéros sont conservés, tous de 1776. Probablement, le « Courrier de Pologne » était présent sur le marché de presse jusqu’à la fin de 1777. Poser arrêta de publier sa gazette probablement pour des raisons financières, les revenus de l’abonnement n’étant pas suffisants.

« Gazette de Hambourg » (de l’Abbé Montflambert)

(Bibliothèque nationale 1790 no 21-226)
Au dernier quart du XVIIIe siècle, la « Staats- und Gelehrte Zeitung des Hamburgischen Unparteyischen Correspondenten » fut une des gazettes le plus souvent lues en Europe. Sa renommée est due au service d’informations politiques du monde entier particulièrement abondant et crédible, qui était une véritable source d’information pour de nombreux éditeurs et rédacteurs des éditions de presse en Europe. En Pologne, elle était appelée la « Gazette de Hambourg » et jouissait aussi d’une grande renommée. À l’époque du roi Stanislas, des représentants des cercles de la société qui avaient l’habitude de lire la presse parlaient mieux français qu’allemand. Pour faciliter aux lecteurs polonais des périodiques l’accès aux informations de la « Staats- und Gelehrte Zeitung des Hamburgischen Unparteyischen Correspondenten », un émigrant de France, l’Abbé Montflamber, dont le prénom nous reste inconnu, décida de traduire et éditer en français la gazette de Hambourg sous le titre « Gazette de Hambourg » et confia la tâche de l’imprimer à Piotr Dufour, typographe de Varsovie.
La gazette sortait quatre fois par semaine. Un exemplaire comptait de 4 à 10 pages.
Le premier numéro de la « Gazette de Hambourg » parut lundi, le 30 novembre 1789. Il est impossible d’indiquer le moment précis de sa disparition. Le dernier numéro conservé porte la date du 31 décembre 1791. Mais il est certain que le périodique paraissait encore l’année suivante. On ne peut pas exclure que Montflambert cessa d’éditer la gazette immédiatement après l’arrêt de la Confédération de Targowica qui donna à Tadeusz Włodek l’exclusivité de la publication de la presse sur le territoire entier de la Pologne.
Les six premiers numéros de la « Gazette de Hambourg » portaient une double numérotation. A côté des numéros successifs de l’édition de Varsovie, on mettait les numéros correspondants (183-188) de la « Staats- und Gelehrte Zeitung des Hamburgischen Unparteyischen Correspondenten ». Cette pratique fut arrêtée car la gazette de Montflambert était considérablement réduite par rapport à l’original de Hambourg, alors elle ne pouvait être son équivalent fidèle. La rédaction se limita alors à publier un choix d’informations tirées de la « Gazette de Hambourg ». Quelque temps après, des articles et des comptes-rendus traduits de l’allemand furent complétés par des informations tirées d’autres gazettes de l’étranger, notamment parisiennes. À l’époque de la Grande Diète, la gazette commença à informer sur des événements nationaux. Probablement à l’initiative de Dufour, dans les années 1789-1790, la « Gazette de Hambourg » fut colportée ensemble avec un supplément détaché contenant des annonces : « Avis Divers ».

« Gazette de Varsovie » (de l’époque de la Grande Diète)

(Bibliothèque nationale 1792 no 1-10, 14-34, 37-64
1793 no 1-7, 9-21, 23-43, 49)

Il paraît autorisé de dire que la gazette varsovienne d’expression française la plus intéressante fut créée par Karol Glave-Kolbielski et Jean-Claude Hippolyte Méhée de la Touche. Celui-là était un sujet de la Prusse condamné à deux ans de prison pour des malversations financières. Banni de la Prusse, il se rendit en Pologne. Celui-ci était un Français et agent secret de la police, envoyé en Russie et en Pologne pour y accomplir une mission énigmatique et secrète. À cause de la Révolution, il craignait de retourner en France et décida de rester en Pologne. Glave-Kolbielski serait responsable du côté financier de l’entreprise, Méhée de la Touche s’occuperait de la rédaction de la gazette. Le premier numéro de la « Gazette de Varsovie » parut samedi, le 17 septembre 1791. Elle fut éditée in-folio et comptait 4 pages. Jusqu’au 1 juin 1792, elle paraissait quatre fois par semaine, ensuite moins fréquemment. Les premiers numéros de la gazette reflétaient la pensée politique de Stronnictwo Patriotyczne (Parti Patriotique), mais ensuite Méhée de la Touche prit la position extrême à la Jacobins pour critiquer la constitution du mois de mai et il injuria souvent ses opposants. Par conséquent, il fut écarté de la rédaction de la gazette. Glave-Kolbieski engagea trois Français séjournant à Varsovie à cette époque-là pour rédiger la gazette. Ils étaient : Louis-Antoine Fauvelet de Bournienne, un certain de Tombeur dont le prénom reste inconnu et Barollier. Les nouveaux collaborateurs s’entendaient bien avec ceux de la « Gazeta Narodowa i Obca » (« Gazette nationale et étrangère »). Elle servait alors de l’outil de propagande des réformes de système en Pologne et s’adressait aux lecteurs étrangers. Au début du mois de juillet, Emmanuel Murray, un Français d’origine écossaise établi en Pologne depuis bien longtemps et lié avec elle, devint rédacteur de la « Gazette de Varsovie » et peu après, il prit la charge de l’entreprise. Au temps de la direction et de la rédaction de Murray, l’orientation de la gazette restait invariablement patriotique, du moins tant que les gouvernements de Targowica le permettaient. La « Gazette de Varsovie » disparut après que la Confédération générale accorda à Tadeusz Włodek l’exclusivité d’éditer la presse. Dans le dernier numéro de la gazette, du 28 septembre 1793, Murray publia un long article intitulé Mes Adieux au Public où il expliqua aux lecteurs les causes de la disparition de la gazette. Parlant des raisons de nature politique et étique, il mentionna pourtant discrètement que l’entreprise lui avait coûté plus de 400 ducats.

La « Gazette de Varsovie » était une gazette d’information générale typique, composée avant tout du service d’informations nationales et de l’étranger, relatant aussi des nouveautés éditoriales et publiant de petites annonces privées.

« Gazette Française de Varsovie » et « Gazette de Hambourg » (de 1794)

(Bibliothèque nationale, position 1 : 1794 no 2
pos. 2 : 1794 photocopies no 19, 25, 27, 29, 30)

Au mois de novembre 1793, Stanislas Auguste Poniatowski signa le privilège de Targowica accordant l’exclusivité de l’édition de la presse à Tadeusz Włodek, mais le roi en exclut la presse éditée en langue française. Après la fermeture de l’entreprise de presse d’Emmanuel Murray, le nouveau monopoliste ne craignait plus sa concurrence et décida alors de fonder la « Gazette Française de Varsovie ». La gazette fut rédigée par deux Français venus en Pologne : Joseph Aubert et Jean-Charles Pinabel de Verrière. Les archives polonaises disposent uniquement d’un seul numéro de la gazette, en date du 8 janvier, mercredi. Son contenu suggère que la gazette entière était dédiée presque uniquement aux informations de l’étranger. Un fonds plus riche se trouve dans les archives de la Bibliothèque nationale de W. Wernadski à Kiev, en Ukraine. Son catalogue numérique affiche les numéros suivants : à partir du 1er en date du 4 janvier, jusqu’au 12e en date du 12 février, ce qui permet d’établir que la « Gazette Française de Varsovie » paraissait deux fois par semaine. Une brève information publiée dans la deuxième décade du mois de février dans la « Gazeta Krajowa » (« Gazette nationale ») a une signification cruciale pour la suite de l’histoire de la gazette en question ; or, Włodek décida de changer la forme en vigueur de la gazette en la remplaçant par des extraits de la « Gazette de Hambourg » préparés par Józef Rautenstrauch. Afin de présenter aux lecteurs cette nouvelle ligne de la gazette, « son premier numéro » fut distribué gratuitement ensemble avec le numéro récent de la « Gazette Française de Varsovie ». Cet insert indique clairement que le no 12 figurant dans les fonds ukrainiens fut le dernier numéro de la « Gazette Française de Varsovie ». Il est probable que Włodek décida de se séparer de ses rédacteurs qui avaient essayé de donner des informations solides et honnêtes, y compris sur la France révolutionnaire. L’insert permet de constater qu’au mois de janvier et au début de février 1794 la « Gazette de Hambourg » ne paraissait pas à Varsovie. Nous connaissons cinq exemplaires de ce titre datant de 1794. Ce sont les numéros : 19 du 7 mars, 25 du 28 mars, 27 du 4 avril, 29 du 11 avril et 30 du 14 avril qui, suite au commencement de l’insurrection dans la capitale, fut probablement le dernier numéro. Les dates de jours des numéros conservés indiquent que la gazette paraissait deux fois par semaine. Il n’est pas possible que dès la deuxième décade du mois de février jusqu’au 14 avril aient paru 30 numéros de la gazette ; dans ce cas, il reste à constater que seulement 19 numéros parurent et non pas 30. D’après la numérotation des exemplaires conservés, on peut déduire que le premier numéro distribué gratuitement est identique avec le dernier – 12e – numéro de la « Gazette Française de Varsovie ».

2.2. Gazettes politiques

« Journal Hebdomadaire de la Diète »

(Bibliothèque nationale 1788 no 1-9 ;
1789 no 9-59
1790 no 1-52
1791 – lacune
1792 no 1-20

Le 9 novembre 1788, alors un peu plus d’un mois après l’inauguration de la Diète de Quatre Ans, Jan Potocki commença à publier une gazette paraissant une fois par semaine, relatant les débats de diète. La première phrase du prospectus éditorial : « J’écrirai pour les étrangers », révèle que Potocki eut l’intention d’adresser la gazette aux étrangers. Mais vite il s’avéra qu’elle trouva également (et peut-être avant tout) des lecteurs en Pologne. Le « Journal Hebdomadaire de Diète » fut imprimé par Drukarnia Wolna (Imprimerie Libre), fondée par l’éditeur en septembre 1788. La gazette fut rédigée successivement par : Jean-Charles Pinabel de Verrière ; dès le numéro 14 de 1790 par un député livonien Józef Mostowski et finalement, à partir du numéro 41 de la même année, par Henri-Jacques Le Jay de Messuère, un haut initié de la maçonnerie et en même temps le bibliothécaire de Stanislas Auguste. Le « Journal Hebdomadaire de la Diète » relatait avant tout les débats de la diète dûment rédigés. Parfois on y trouvait des analyses politiques de Jan Potocki. Le « Journal Hebdomadaire de la Diète » disparut le 6 juin 1792, malgré la volonté de l’éditeur de continuer la publication de la gazette même après la clôture de la séance de la Diète.

« Journal Historique de Varsovie »

(Bibliothèque nationale – lacune)
Le 14 mai, parut le premier numéro du journal à un titre long et explicite : « Le Journal Historique des Evenemens qui ont eu lieu à Varsovie depuis le 17 Avril 1794 Extrait de Feuilles Polonaises par Mr B*** ». Dans une annonce de presse informant sur la parution de la nouvelle gazette d’expression française, Piotr Dufour écrit qu’elle serait imprimée par les presses de son imprimerie et sortirait, « chaque mercredi et samedi, à 2 heures de l’après-midi ». L’arrêt de la Section Diplomatique du Conseil national temporaire définit le cadre des obligations professionnelles de Frédéric Bacciarelli engagé comme chancelier et précisa qu’il devait aussi « fournir des matériaux nécessaires pour préparer le bulletin en langue française ». Alors sous l’abréviation mystérieuse « Mr B*** » se cachait justement Bacciarelli, rédacteur de la gazette qui fut l’organe officiel de la Section Diplomatique du Conseil national temporaire et lorsque celui-ci fut remplacé par le Conseil national suprême, la gazette devint l’organe de la Section des Intérêts Étrangers dudit Conseil national supérieur.
À partir du numéro 2 jusqu’à la disparition, la gazette fut publiée sous son titre abrégé : « Journal Historique de Varsovie », donnant dans ses numéros successifs un relevé des événements rappelant les échos d’un journal, bref et chronologique, enrichi d’arrêts, d’appels et de rapports civils et militaires des autorités insurrectionnelles. Une fois, la gazette révéla l’information confidentielle et par conséquent elle fut close. Le 28 juin parut le dernier numéro, 14, du « Journal Historique de Varsovie », son supplément datant du 2 juillet.

« Bulletin National Hebdomadaire »

(Bibliothèque nationale 1794 no 2-21)
Le deuxième périodique d’expression française publié à Varsovie à l’époque de l’insurrection de Kościuszko fut le « Bullentin National Hebdomadaire », qui était un autre organe de presse de la Section des Intérêts étrangers. La revue paraissait une fois par semaine, imprimée par Dufour, et dans ses numéros successifs on ne précisait pas de date journalière d’édition. Le premier numéro du « Bullentin National Hebdomadaire » parut le 14 juin, le dernier – le 31 octobre. Tous les numéros de la revue furent rédigés par un certain Barollier, Français dont le nom reste inconnu, engagé en tant qu’employé dans la Section des Intérêts étrangers du Conseil national supérieur. Contrairement au « Journal Historique de Varsovie », l’hebdomadaire publiait beaucoup moins d’informations officielles et se focalisait sur des rapports et des relations. Les matériaux furent répartis en rubriques permanentes. Dans l’une d’elles, Barollier discutait avec les opinions de la presse étrangère sur l’insurrection, tout en révélant son talent de publiciste et ses opinions radicales.

2.3. Gazettes d’annonces

« Annonces et Avis Divers de Varsovie »

(Bibliothèque nationale – lacune)
Les « Annonces et Avis Divers de Varsovie » parurent à peu près pendant trois ans, dès le 4 août 1781 jusqu’au mois de décembre 1784. La gazette fut éditée par Piotr Dufour et son volume n’était pas stable, allant d’une demi-feuille jusqu’à une feuille. Chaque numéro de la gazette commençait par le calendrier hebdomadaire. Pendant la première période de son existence, la gazette était uniquement en français. Assez rapidement elle fut accompagnée de la version en langue polonaise, puis aussi en allemand. Une autre rubrique permanente présentait les résultats de loterie. Le contenu de base de la gazette étaient de différentes petites annonces. Elles étaient publiées non seulement en français, mais aussi – quoique de moindre envergure – en polonais et en allemand. La source de matériaux était le Bureau d’Annonces fondé par Dufour. La profession de l’éditeur contribua à ce qu’une partie de ces annonces était dédiée à l’activité d’imprimerie et au commerce du livre. Il y avait des informations sur les livres imprimés chez Dufour, mais aussi, de moindre envergure, chez Michał Gröll ou dans l’Imprimerie de Piaristes. On informait aussi sur des éditions venant d’autres centres de publication, y compris d’établissements étrangers. À partir du deuxième annuaire, pour rendre la gazette plus utile, la rédaction décida d’y ajouter des articles sur l’histoire, la philosophie, « la morale », etc. La gazette informait aussi sur la vie théâtrale. À part cela, elle publiait des morceaux de pièces de théâtre, de courtes oeuvres de poésie, des devinettes rimées et des logogriphes. En marge de ce contenu on publiait aussi des nouvelles locales et des informations sur des événements politiques. Les « Annonces et Avis Divers de Varsovie » sont aujourd’hui « une riche source permettant de mieux connaître l’histoire de la vie de la Varsovie du XVIIIe siècle ».