La famille et la patrie de Chopin

Nicolas Chopin, le père du compositeur quitte sa Lorraine natale en 1787 pour s’installer en Pologne où il fonde une famille avec son épouse polonaise et trouve sa seconde patrie. La maison des Chopin est polonaise et patriote et le polonais est la langue maternelle du futur compositeur. Chopin lui-même, se considère, et est considéré par ses contemporains, comme un Polonais. Néanmoins la relation entre la France et Chopin est symbiotique : il y passe la moitié de sa vie, et la France constitue l'univers artistique et culturel dans lequel compositeur crée l'essentiel de son œuvre.

Frédéric Chopin et l’Insurrection de Novembre 1830 en Pologne et la Grande Emigration

À l’automne 1830, Frédéric Chopin quitte la Pologne pour découvrir la vie musicale européenne, perfectionner son art et donner des concerts. C’est à l’étranger qu’il apprend l’éclatement de l’insurrection de Novembre. Ainsi il ne fait pas partie de cette vague de Polonais obligés de quitter leur patrie après l’échec de l’insurrection. Cependant, dès son arrivée en France en octobre 1831, il se sent immédiatement membre de cette « Grande Emigration » préoccupée par le sort de la Pologne. A Paris, il est proche de l’entourage du prince Adam Czartoryski et fréquente l’Hôtel Lambert devenu le plus grand centre culturel, politique et social polonais hors de Pologne . A partir du 1833, Chopin est membre de la Société Littéraire Polonaise et il soutient activement les activités de la Société de la Charité des Dames Polonaises. Il participe à la plupart des bals, des réunions patriotiques et des soirées. Le milieu des émigrés polonais, souvent partagé pour des raisons politiques et économiques, est unanime à reconnaître le génie et le charme personnel de Chopin et éprouve une grande fierté de le compter parmi eux.

Chopin – compositeur

Son premier concert public à Paris, le 25 février 1832, dans les salons de Pleyel, est décisif pour sa carrière parisienne et lui ouvre toutes les portes, particulièrement celles des salons d’ambassades le plus brillants (Autriche, Angleterre). En 1833, il publie neuf compositions, dont les deux recueils de Mazurkas (op.6 et 7), de Nocturnes (op. 9 et 15), les Etudes op. 10 et le Concerto en mi mineur op.11. La même année, Hector Berlioz consacre un article au talent du virtuose. Tout de suite, ses Mazurkas valent à Chopin un très grand succès, et les Polonaises, à partir de l’opus 40, symbolisent l’épopée nationale de la Pologne. Il incarne la figure de l’Exilé. L’écrivain Heinrich Heine l’appelle « le grand poète musical ». Tous ses contemporains considèrent qu’il a inventé la sonorité du piano, et qu’il était une âme au piano. Il est l’un des plus grands improvisateurs de musique au XIXème siècle, et improvise fréquemment sur des hymnes et des chants polonais. Ses Mélodies polonaises font date également dans l’art de la mélodie polonaise.

La mort du compositeur

Chopin meurt à Paris le 17 octobre1849. La messe funèbre est célébrée en l’église de la Madeleine et il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. La sculpture qui orne son tombeau a été réalisée par Auguste Clésinger, époux de Solange, la fille de George Sand. Selon la dernière volonté du compositeur, son cœur a été transporté en Pologne par sa sœur et il repose dans une urne funéraire encastrée dans un pilier de l’Église Sainte-Croix à Varsovie. Sur une plaque commémorative figure une citation de l’Évangile de St. Matthieu, 6 ; 21 : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ».

Légende de l'image : Frédéric Chopin d'après le fusain de François-Xavier Winterhalter