Maria Skłodowska naquit dans une famille d’enseignants le 7 novembre 1867 à Varsovie qui se trouvait alors dans une entité nommée « Royaume de Pologne » sous la domination de l’Empire Russe. Elle était cadette d’une fratrie de cinq enfants. Orpheline de mère à l’âge de 11 ans, elle était très proche de sa sœur Bronislawa (1865-1939) avec qui elle partageait la passion pour les études.

L’accès à l’université était alors interdit aux femmes sur les territoires sous administration russe. D’un commun accord Bronislawa (Bronia) se rendit à Paris pour y étudier la médecine avec l’aide financière que Maria put lui offrir en  travaillant comme gouvernante dans la famille Zorawski. En 1891, Maria elle-même arriva à Paris et s’inscrit à la faculté des sciences de la Sorbonne. Ses brillantes études couronnées de licence en physique (1893) et un an plus tard en mathématiques lui ouvrirent la porte du laboratoire des recherches physiques dirigé par le physicien Gabriel Lippmann (1845-1921).  Elle y mena des recherches sur les propriétés magnétiques des aciers et découvrit la radioactivité en démontrant que la propriété des rayons uraniques est une propriété physique de l'atome et non une propriété chimique. Grâce au physicien et diplomate polonais Józef Wierusz-Kowalski  (1866-1927) Maria rencontra le physicien Pierre Curie (1859-1906) qu’elle épousa en 1895 devenant ainsi Marie Curie.

Pour préparer sa thèse de doctorat elle choisit d’étudier les rayonnements découverts par Henri Becquerel (1852–1908) en concentrant ses recherches sur les rayonnements de l’uranium. En 1898 Pierre se joint à elle pour poursuivre ensemble des études sur la radioactivité dans un laboratoire ressemblant plus à un hangar qu’à un établissement scientifique. En 1898 le couple publia leur découverte du nouvel élément nommé polonium en hommage au pays natal de Marie et quelques mois plus tard celle du radium. Les découvertes du couple Curie furent récompensées par de nombreux prix dont le plus prestigieux prix Nobel de physique décerné en 1903 en commun avec Henri Becquerel.

En 1906 Pierre disparut brusquement renversé par une voiture à cheval, laissant Marie seule avec leurs deux filles, Irène et Eve, âgées respectivement de 9 et 2 ans. Dans cette période difficile Marie remplaça Pierre à la chaire de physique et devint ainsi la première femme professeur à la Sorbonne tout en continuant ses recherches scientifiques. En 1911 éclata le scandale suite aux révélations dans la presse sur sa liaison avec le physicien Paul Langevin (1872-1946). Admirée et adulée jusque-là, Marie devint l’objet des virulentes attaques xénophobes et sexistes. Dans cette atmosphère délétère elle reçut le second prix Nobel cette fois-ci en chimie attribué par l’Académie de Stockholm  en 1911. Elle fut la première lauréate à avoir obtenu ce prix deux fois et première femme récompensée par le prix Nobel de chimie.

En 1914 grâce à l’intervention de Marie fut inauguré à Paris l’Institut du radium pour l’étude de la radioactivité et de ses applications en physique, chimie, biologie et médecine. Il deviendra Institut Curie suite à la fusion avec la Fondation Curie en 1970.

Après l’éclatement de la première guerre mondiale Marie s’engagea auprès de la Croix-Rouge dans l’organisation des «ambulances radiologiques » qui permettaient de pratiquer des radiographies des blessés afin de faciliter leurs opérations. Elle fut secondée par sa fille Irène âgée alors de 17 ans. Dès la fin de la guerre Irène devint l’assistante de Marie à l’Institut du radium. Irène Curie (1897-1956) épousa le chimiste et physicien Frédéric Joliot (1900-1958). Ils obtinrent le prix Nobel de chimie en 1935 pour la découverte de la radioactivité artificielle.

Marie Curie effectua deux voyages aux Etats Unis en compagnie de ses deux filles encouragée par  la journaliste américaine Marie Mattingly Meloney (1878-1943). Cette dernière s’engagea dans la collecte des fonds auprès des femmes américaines pour l’achat du radium pour les besoins de la recherche. La représentation symbolique du gramme de radium offert à Marie en 1921 est conservée aujourd’hui  dans les collections de la BnF sous la cote naf 18514. Le gramme de radium offert à Marie au cours de son deuxième voyage fut donné à l’Institut de radium à Varsovie créé en 1932 à l’initiative de Marie Curie. La direction de cet institut fut confiée à la sœur de Marie, Bronislawa Dluska.  Devenu le Centre de l’oncologie il porte aujourd’hui il le nom de Marie Curie (Centrum Onkologii – Instytut im. Marii Skłodowskiej-Curie).

Atteinte d’une leucémie suite aux expositions aux éléments radioactifs, Marie Curie s’éteint le 4 juillet 1934 au sanatorium à Sancellemoz en Haute-Savoie. Les restes des époux Curie furent transférées au Panthéon le 20 avril 1995 sur décision du président François Mitterrand et en présence du président polonais Lech Walesa. Marie fut la première femme à y entrer  au nom de son propre mérite.

Le fonds Curie conservé au département des manuscrits de la BnF a été constitué grâce aux plusieurs dons. Le premier offert en 1967 par les héritiers des époux Curie contient les manuscrits des publications et des articles, des cahiers, plans des cours, les fameux « carnets noirs de la découverte » retraçant les expériences scientifiques qui ont mené à la découverte du radium et du polonium, les papiers relatifs aux activités de Marie Curie dans le domaine de radiologie au cours de la guerre 1914-1918, documents sur les nombreux voyages de Marie. Le second ensemble provient du Laboratoire Curie près de l’Institut de radium déposé en 1974. On y trouve des documents d’état civil, des diplômes et décorations, la correspondance. En 1986 la direction de l’Ecole normale supérieure de Sèvres a transmis quatre in-folio reliés contenant les textes des discours prononcés par marie Curie dans les murs de cette école dans les années 1900-1906. Par ailleurs une descendante des membres de la famille Laborde qui travaillaient avec Pierre et Marie Curie a offert un carton avec la correspondance de ses parents qui avec les Curie.

 

Légende de l'image : Mme Marie Curie. Photographie de presse, agence Rol