Les premières fouilles françaises débutèrent en Mésopotamie quand, en décembre 1842, Paul-Émile Botta entreprit d’explorer le tell de Kuyunjik. Ce vaste champ de ruines, dont on supposait déjà qu’il avait abrité la fameuse Ninive, se trouvait sur la rive opposée du Tigre à Mossul où il venait d’être nommé Consul. Déçu par les premières découvertes, il porta très vite ses efforts sur le site de Khorsabad située à une quinzaine de kilomètres. Il y découvrit le palais que le roi assyrien Sargon II (721-705) avait fait construire dans sa ville nouvelle, Dur-Šarrukin. Il n’explora qu’une très petite partie de ce somptueux édifice qui est le plus grand de tous les palais assyriens connus –il couvre plus de 10 ha et compte plus de 300 pièces-, et l’importance des découvertes incita les autorités françaises à ouvrir en 1847 un Musée Assyrien au Musée du Louvre.

En 1851, deux nouvelles missions furent mandatées en Mésopotamie. Victor Place devait poursuivre l’exploration des sites assyriens alors que Fulgence Fresnel, assisté d’un épigraphiste Jules Oppert et d’un architecte Félix Thomas, recevait la direction de l’Expédition Scientifique et Artistique de Médie et de Mésopotamie. En 1852, Jules Oppert ouvrait des fouilles sur le site de l’ancienne Babylone. De son côté, Victor Place continuait le dégagement de Dur-Šarrukin. Il bénéficia de l’aide de Felix Thomas, dont les relevés se distinguent par leur élégance et leur précision, et de celle de Gabriel Tranchand qui, pour la première fois, prit des clichés des fouilles en cours. Le matériel découvert par les deux missions fut regroupé dans un convoi qui devait descendre le Tigre et rejoindre le golfe Persique. Le Sud iraquien était alors en pleine sédition tribale et les embarcations furent attaquées près d’un lieu appelé Gurna. Sur les 235 caisses qui composaient le chargement, 26 seulement parvinrent au Musée du Louvre. Fort heureusement l’un des taureaux qui ornaient la porte n°3 Dur-Šarrukin put être repêché et exposé.

Ce n’est qu’en 1877 que les fouilles françaises reprirent sous la direction Ernest de Sarzec, le dernier des « consuls-archéologues », qui explora un site du Sud mésopotamien, Tello, révélant ainsi la première ville sumérienne. En 1881, l’arrivée des premières antiquités de Tello, dont la Stèle des Vautours et des statues en diorite du roi Gudéa (vers 2120 av. J.-C.), encouragea la création, au Musée du Louvre, d’un département des Antiquités Orientales.

En 1933, André Parrot ouvrit un nouveau chantier dans le Sud iraquien à Larsa, qu’il abandonna cependant après une première campagne de fouilles prometteuses. Plus aucune mission française ne travailla plus en Iraq jusqu’à la reprise de fouilles à Larsa en 1967.

Après la première guerre du golfe, les travaux ralentirent considérablement.
Depuis 2009, l’archéologie en Iraq connaît un véritable essor avec l’ouverture de la région autonome du Kurdistan (KRG) où travaillent actuellement six missions françaises, deux dans la région d’Erbil (O. Rouault et M.G. Masetti-Rouault ; L. Marti) et quatre dans la province de Souleymaniyeh (V. Deroche, J. Giraud, A. Tenu et R. Vallet). Le démarrage de nombreux programmes de recherche dans cette région qui était jusque alors presque inexplorée alimente de nouvelles perspectives de recherche. Cette reprise de l’activité archéologique française s’est accompagnée de l’ouverture d’une antenne de l’Institut du Proche-Orient (IFPO) à Erbil en 2010.

 

Légende de l'image : Cailloux Michaux